Tokio Hotel est mort, vive Tokio Hotel ?

Quelques cheveux en moins, de la barbe en plus, les jeunes Allemands de Tokio Hotel sont de retour. Après quatre ans de silence, on se croyait tirés d’affaire. Leur come-back ne nous laisse pas sans inquiétudes.

Tokio Hotel
Bill, Georg, Tom et Gustav refont surface (colorinchi)

Avant 2005, les non-germanistes pensaient que la musique allemande se résumait à Neunundneunzig Luftballons de Nena et au métal de Rammstein. Après 2005, tout bascule.

Un nouveau groupe allemand fait son apparition. On aurait pu se réjouir de voir cet autre groupe venu de notre pays voisin chéri atteindre la France. On aurait pu oui… « Tu fais de l’allemand ? Tu aimes Tokio Hotel alors ? Durch den Monsuuun ! ». Tokio Hotel, un groupe bizarre et tellement peu représentatif du paysage musical allemand. Non non, on n’y est toujours pas. La culture allemande a pourtant tant à offrir… Entre temps, Berlin est devenu cool et on est passés à « Tu fais de l’allemand ? J’adore Paul Kalkbrenner et les soirées électro berlinoises ! Tu es déjà allé(e) à Berlin ? Tu devrais, c’est génial ! ». Ne va pas m’apprendre la culture d’un pays que tu trouves « cool » par un effet de mode, moi j’aime ce pays dans sa totalité, mode ou non ! grogne intérieurement le germaniste. Mais ça c’est un autre débat.

Revenons-en à nos moutons. Ou plutôt à nos hérissons, si l’on se réfère à la coiffure de Bill Kaulitz, chanteur et leader du groupe, lors de son apogée avec l’album Schrei (en français « crie »). La première vague Tokio Hotel de 2005 à 2010 n’a pas laissé la France indemne. Cheveux longs devant le visage, épais trait de khôl noir autour des yeux : des centaines de collégiens et surtout de collégiennes se sont reconnu(e)s dans la crise d’adolescence et d’identité du groupe. On pourra tout de même les remercier d’avoir poussé davantage de jeunes à choisir l’allemand au collège… Même si on aurait préféré qu’ils trouvent de meilleures raisons de le faire.

Les revoilà en 2014, avec davantage de testostérone, du poil au menton et une allure déjà plus passe-partout. Le style musical de leur nouvel album « Kings of Suburbia », sorti le 6 octobre dernier à l’international, semble aussi être devenu plus banal. Un mélange assez pauvre de Phoenix, One Republic et Linkin Park, rien de transcendant.

Les ados en crise laissent place à quatre « bad boys ». La couverture de leur nouveau single « Love who loves you back », plus qu’équivoque, rappelle les parties intimes d’une femme. Le clip, quant à lui, dégouline d’un érotisme à la limite de la pornographie (vidéo ci-dessous). « La nature t’appelle, un serpent est dans ton lit et il te dit quelque chose, il dit, ouais, j’aime ça comme ça » chante Bill, embrassant une jeune fille dans le clip.

Peu de chances qu’ils déchainent de nouveau les foules. Leurs fans vont être déçus de ne pas retrouver les quatre jeunes hommes mélancoliques dans lesquels ils se reconnaissaient. Un nouvel engouement pour la langue allemande ne fera pas non plus surface : leur nouvel album est intégralement en langue anglaise !! Tokio Hotel est désormais un groupe comme les autres. Leur album n’est d’ailleurs apparu que très furtivement dans le top 50 français. Pas de nouvelle vague à l’horizon. Tokio Hotel est mort, vive Tokio Hotel ! Une renaissance mais pas de révolution.

Bonus : La parodie de Durch den Monsun par Stefan Raab, animateur de l’émission TV Total.

Manon Valère

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s