Vu d’Allemagne : Trois questions pour comprendre la COP21

L’Allemagne, souvent citée comme exemple en Europe sur les questions environnementales, pourrait jouer un rôle clé dans les négociations de la COP21, réunissant 196 délégations à Paris jusqu’au 11 décembre. L’objectif : limiter à 2 degrés l’augmentation moyenne de la température.

Green energy vs power plant
Photo : Fotolia, Stefan Ouwenbroek

Où se situe l’Allemagne par rapport aux autres pays du monde dans la lutte contre les changements climatiques ?

Entre 1990 et 2012, l’Allemagne a réduit son pourcentage d’émissions de CO2 liées à la production d’énergie de 20,5% – un objectif qu’elle s’était fixé à Kyoto en 1997. L’Europe ayant été le seul acteur à tenir les engagements pris par le protocole de Kyoto, l’Allemagne fait figure, à l’échelle mondiale, de bon élève.

Pourtant, un Allemand émet toujours, en moyenne, 9 tonnes de gaz à effet de serre par an, contre 7 pour un Français. Cet écart ne peut pas s’expliquer par sa sortie progressive du nucléaire  : la production d’électricité liée aux énergies fossiles, elle aussi, diminue. Les énergies renouvelables, quant à elles, sont passées de 7% dans le mix énergétique allemand en 2000 à 26% en 2014.

Si les émissions allemandes de gaz à effet de serre restent à un niveau élevé, c’est notamment parce que l’Allemagne compte parmi les plus importants exportateurs de produits manufacturés – ce qui n’est pas sans conséquence sur les émissions de son secteur industriel.

Quels sont les principaux enjeux de la conférence pour l’Allemagne ?

Parallèlement aux négociations internationales, l’Allemagne poursuit ses propres objectifs : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020, et de 80 à 95% d’ici à 2050 (par rapport à leur niveau de 1990). 

L’Allemagne est également très engagée sur la question du financement de la protection climatique dans les pays pauvres. Le Fonds vert pour le climat, créé en 2009 à Copenhague, doit être doté de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. L’Allemagne souhaite doubler sa contribution et ainsi financer, à elle seule, 10% du fonds.

Enfin, une analyse de vulnérabilité aux changements climatiques, publiée par le Netzwerk Vulnerabilität (Réseau Vulnérabilité) le 24 novembre dernier, démontre que les changements climatiques auront un impact croissant en Allemagne d’ici à 2050. Un argument supplémentaire pour la délégation allemande, qui aura à cœur de convaincre ses homologues de la nécessité d’un accord ambitieux.

Qui représentera l’Allemagne à la conférence ?

L’équipe d’une cinquantaine de négociateurs sera menée par la ministre fédérale de l’Environnement, Barbara Hendricks. Elle avait notamment déposé, au début de l’année, un projet de loi interdisant totalement la fracturation hydraulique – processus nuisible à l’environnement permettant de rechercher et d’exploiter les gisements de gaz de schiste. La loi qui a été votée en avril 2015 se veut moins restrictive : la fracturation n’est suspendue, en l’état actuel de la législation, que jusqu’en 2019.

Quant à Carsten Sach, le directeur de la coopération internationale au ministère de l’Environnement, il sera négociateur en chef. À ceux qui veulent que les choses aillent vite, comme beaucoup d’ONG, il demande de garder à l’esprit « que certaines délégations font tout pour que les choses restent ouvertes jusqu’à la dernière minute ». Implicitement visées : les puissances comme la Chine ou les Etats-Unis qui, par leur influence, peuvent, dans un moment de doute, emporter une soudaine adhésion à leurs intérêts.

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