13 novembre 2015 : démasquer les rumeurs

Les attentats du 13 novembre à  Paris, un sujet compliqué à traiter quand on est journaliste. Pour Jacques Pezet, journaliste pour la rubrique « Désintox » de Libération, une chose était sûre : il fallait travailler, tout le week-end, pour informer et surtout pour éviter la désinformation. Mais aussi pour ne pas sombrer soi-même. « J’ai passé le week-end à travailler, le travail avait un côté presque thérapeutique ». 

Libé désintox
Capture d’écran du site de Libération, rubrique « Désintox »

Jacques Pezet raconte. Travailler pour la rubrique en ligne « Désintox » du journal Libération, c’est passer ses journées à rechercher les erreurs, les rumeurs qui circulent dans les voies de l’information publiques pour les corriger. Qu’elles proviennent d’hommes politiques, de journalistes, ou qu’elles soient diffusées de manière virale sur les réseaux sociaux, J. Pezet vérifie les informations et déconstruit celles qui sont fausses. Vendredi 13 au soir, en apprenant les événements parisiens depuis le restaurant berlinois où il dînait, le journaliste a commencé à rechercher les rumeurs qui courraient déjà sur les attentats. « Un peu après minuit, je vois circuler une photo avec pour légende : ‘Les Allemands sont dans la rue pour afficher leur soutien. Merci’. C’était une photo d’une manifestation de Pegida, datée de décembre 2014. Un rassemblement n’a pas eu lieu aussi rapidement en Allemagne, mais les gens y croient ». Entre 1h30 et 2h du matin, il démasque une seconde rumeur : la photo d’un internaute désigné comme étant l’un des tireurs. Il n’était en vérité qu’un jeune à l’humour douteux. Toute la nuit, les rumeurs ont continué à se propager sur internet.  A 4h30, J. Pezet envoie le résultat de ses recherches à sa rédaction, qui le recontactera dès le lendemain matin pour lui demander d’approfondir pour le site de Libération.

Tout le week-end, le jeune journaliste continue à démentir les fausses informations. La plupart a circulé sur les réseaux sociaux, émanant le plus souvent d’ « adolescents qui veulent percer sur le net. On parle de ‘culture du like’ ». Mais au moins un média français se sera trompé : le vendredi soir, Europe1 a annoncé qu’il y aurait des tirs également aux Halles, vers Beaubourg. « Et à l’étranger, CNN parlait du Louvre ». De manière générale, comme le fait remarquer J. Pezet, les médias ont été beaucoup plus prudents avec leurs informations qu’ils ont pu l’être en janvier. Après les attentats à Charlie Hebdo, ils ont subi de lourdes remontrances du CSA, pour avoir diffusé trop d’informations, dans une espèce de sordide course au scoop. « On a ressenti ces derniers jours qu’ils attendaient d’être sûrs avant de partager leurs informations », explique J. Pezet.

Il précise que, malgré tout, beaucoup plus de fausses informations ont circulé ce week-end là qu’en temps normal. L’équipe de « Désintox » a dénombré une quinzaine d’intox. Bien sûr, un certain nombre leur aura certainement échappé, il faudrait encore recouper avec d’autres sites de fact-checking comme « Les Décodeurs » du Monde, pour se rendre compte de l’ampleur de rumeurs diffusées.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s