Halloween et les Français : histoire d’un désamour

halloweenDans un bar à Marseille (CC BY-NC-ND Max Reiser)

Si en province, le ballet annuel des enfants déguisés en vampire, en squelette ou en citrouille continue de perdurer, cela fait plusieurs années que les Parisiens ont perdu l’habitude de s’approvisionner en friandises dans l’attente de la soirée du 31 octobre. Peut-être à cause de leur plus grande propension à partir pour la Toussaint. Peut-être aussi parce que le désintérêt croissant des Français pour Halloween a commencé par la capitale.

Cette fête, dont les origines celtes remontent au VIIIe siècle, n’a pourtant pas toujours été synonyme de « carnaval de l’horreur », comme l’appellent certaines associations de parents. À l’origine, elle symbolisait le passage du monde des vivants à celui des morts. Lors de la grande vague d’émigration vers les Etats-Unis au XIXe siècle, la communauté irlandaise emporta cet élément de folklore païen avec elle, avant que celui-ci ne soit détournée à des fins commerciales, puis renvoyé en Europe sous la forme américanisée que nous connaissons aujourd’hui.

En France, au milieu des années 1990, son aspect nouveau lui confère un succès immédiat. Pourtant, dès ses débuts, Halloween a été associée à un moyen de commencer la saison des fêtes plus tôt dans l’année, pour le bonheur des chaînes de supermarchés qui voyaient leurs ventes de bonbons et de déguisements monter en flèche. Plus de 80% des Français sont encore aujourd’hui de cet avis.

Puis, l’excitation a laissé place au scepticisme. Nombreux sont ceux qui ne voyaient pas l’intérêt de prendre part à une fête macabre, dans un monde où l’actualité l’est souvent elle-même. De par son caractère américain, elle est souvent jugée artificielle, trop éloignée de la culture européenne.

Mais si sa popularité est en baisse, le marketing lié à Halloween réserve, selon les années, parfois de belles surprises en termes de bénéfices. Une preuve de l’instabilité du succès des fêtes modernes. N’oublions pas qu’en 1951, on brûlait le Père Noël sur le parvis de la cathédrale de Dijon, car il était jugé hérétique !

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