« Ce ne sont pas des idioties Monsieur, c’est une infraction pénale »

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CC-BY-ND Rain0975 

 

Tribunal de Paris. C’est l’heure du procès pour Victor Parmentier, accusé d’avoir conduit en état d’ébriété et sous l’emprise de stupéfiants. Accompagné de son avocate, le jeune homme de 27 ans tente de minimiser la casse.

« Vous avez été surpris dans le 5ème arrondissement de Paris à 5h35 à zigzaguer sur un trottoir en direction de la Porte Maillot. Des analyses ont été effectuées : 1000 g/l pour la consommation de cocaïne et 0,74 mg/l pour l’alcool. Êtes-vous d’accord ? » Monsieur Parmentier acquiesce. Ce matin, ce barman de nuit est inquiet. S’il perd son permis de scooter, il pourra difficilement diriger le Café Charlotte. Car les métros parisiens ferment à 2h du matin. De première vue, ses espoirs sont tournés vers cette femme plus âgée qui l’accompagne. On peut croire qu’il s’agit de la mère et du fils. Que nenni. C’est son avocate. En attendant son tour pour passer à la barre, il se remémore l’incident. Il revenait du travail et allait rejoindre des amis. Pour décompresser à la fin du service, ils avaient bien bu avec ses collègues. Cette fois encore, Victor Parmentier n’avait pas résisté à acheter de la poudre magique. Et forcément, il n’était pas en état de conduire. Il n’a pas réfléchi et la police non plus : on lui a fait souffler dans le ballon et puis, on l’a fouillé. « Monsieur Victor Parmentier » retentit dans la salle austère du tribunal. Ça y’est, c’est son tour d’être convoqué à la barre: « et que comptiez-vous faire avec le sachet de cocaïne retrouvé sur vous ? ». Monsieur Parmentier réplique de manière sincère « C’était pour faire partager aux amis ». Son avocate tente de rattraper le coup : « même s’il est maladroit devant vous Madame la Juge… ». Elle explique que son client, du fait de son casier judiciaire et du déjà-vu avec la poudre blanche, doit bénéficier actuellement de soins, qui sont retardés à cause du tribunal de Nanterre. Le prévenu est prié de se rasseoir. C’est au tour du procureur de prendre la parole et celle-ci ne mâche pas ses mots : « c’est drôle mais pour votre âge, je ne vous trouve pas du tout mature. » Déjà hésitant et confus, le petit Victor se fait grondé par la maîtresse. Sauf que la maîtresse, ici le procureur, requiert une interdiction de conduire. Le tour de l’avocate, autrement dit, de la maman à défendre son poulain. Avec un discours bien ficelé, l’avocate essaye de persuader Madame la Juge et de faire appel à sa clémence. Victor Parmentier se poste de nouveau au milieu de la salle. Madame la Juge l’interroge : « Voulez-vous ajouter quelque chose ? ». Le jeune parisien répond : « je regrette, c’étaient des idioties ». Madame la Juge rétorque : « ce ne sont pas des idioties Monsieur, ce sont des infractions pénales. » Après une pause, le verdict tombe. L’enfant Parmentier est convoqué à une nouvelle audience en février 2017 pour voir son évolution avec les soins qui vont lui être prodigués. En attendant, on espère qu’il ne fera plus de bêtises.

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