Le monde rêvé des Américains à Paris s’est brisé

CC-BY-KW
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Contre toute attente, Trump a remporté la présidentielle aux Etats-Unis. Quasiment tous les sondages se sont trompés en prédisant une victoire de la démocrate Hillary Clinton. Pas d’exception non plus pour le « Straw vote » au Harry’s New York Bar, légendaire bar américain à Paris.

Depuis 1924, ce bar près de l’Opéra Garnier organise un vote fictif auquel tous les américains peuvent participer. Sur vingt-deux éditions, il n’y a eu que deux erreurs : dans les duels de Jimmy Carter contre Gerald Ford en 1976 et George W. Bush contre John Kerry en 2004 les électeurs du « Straw vote » n’avaient pas prédit le bon président. Le 8 novembre 2016 au dépouillement final, Hillary Clinton est arrivée en tête avec 513 votes contre 188 pour le candidat républicain. Au petit matin, on apprend que le « Straw vote » s’est trompé pour la troisième fois de son histoire.

Ambiance festive puis gueule de bois
« La nuit de l’élection américaine, le bar est toujours bien rempli, l’entrée se fait uniquement sur invitation », explique Marine*, une habituée du bar. Cette quadragénaire est française et ne peut donc pas participer au « Straw vote ». Cela n’empêche pas celle qui a vécu pendant dix ans avec un américain d’assister pour la troisième fois à la « nuit américaine ». Il régnait une « ambiance très festive » jusqu’à minuit quand elle est partie. Laurent, barman français qui travaille depuis dix-sept ans au Harry’s, raconte que la fête a pris fin d’un coup « à une heure et demie quand la Floride est tombée le bar s’est vidé, beaucoup de gens sont rentrés chez eux ». « Et le lendemain, on s’est tous réveillé avec une gueule de bois et même si on avait bien bu la veille, ce n’était pas à cause de l’alcool », poursuit Marine. Elle avait parié sur une victoire de Trump et ainsi gagné plusieurs invitations à dîner. Concernant la présidence de Trump, elle n’est pas totalement désespérée. « Peut-être qu’un businessman à succès peut aussi diriger un état », réfléchit à voix haute la directrice d’une boîte de traduction.

Une réalité dont on se moque
« C’est embarrassant », commente Anne, touriste américaine d’Illinois, à propos du résultat de cette élection. Elle qui vote traditionnellement républicain pour des raisons économiques n’a pas voté pour Trump. « Dans le Late-Night-Show (émission télé américaine), on se moque de Trump, mais c’est triste, car c’est notre réalité », dit celle qui travaille elle-même à la télé. Malgré cette déception, elle ne met pas en question le système d’élection américain, « les états sont si grands, on ne peut pas le comparer aux pays en Europe ». Sa copine, de l’état de Washington, note toutefois qu’elle a eu du mal à expliquer ce résultat à sa fille âgée de six ans. « Comment lui expliquer que quelqu’un sera président, mais que l’autre candidat a obtenu plus de votes. » Reste à espérer que le système de « checks and balances » (contrôle et contrepoids) fonctionnera, résument-elles avant de poursuivre leur dernière soirée à Paris.

* Les noms de personnes ont été modifiés.

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